Collège : peut mieux faire !

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Début 2005, l’Assemblée Nationale va examiner un projet visant à réformer la grande loi d’orientation de 1989, celle qui visait notamment à conduire « 80% d’une classe d’âge au baccalauréat ». Le projet de loi du gouvernement va s’appuyer sur les conclusions du rapport Thélot. (La commission présidée par Claude Thélot a organisé le « grand débat » sur l’école à l’automne 2003.)

Cette nouvelle Note de la Fondation Copernic veut montrer les dangers des préconisations du rapport Thélot mais aussi, dans le contexte du débat parlementaire, proposer un autre modèle de collège. Le rapport Thélot vise (entre autres) à limiter la scolarité de certains élèves au strict minimum, ce qu’il appelle le « socle commun » ( « lire, écrire, compter, cliquer, vivre en société ») L’objectif est aussi de réintroduire une orientation précoce des élèves (dès la classe de 5e) remettant en cause le principe du collège unique mis en place par la loi Haby de 1975.

Pour les auteurs de cette note, c’est une régression intellectuelle, morale et politique que de revenir à une orientation si précoce, que de considérer que le destin d’un enfant est joué à 12 ans, qu’à cet âge on peut déjà considérer qu’il a moins de « capacités » qu’un autre. Il nous semble aussi que notre société a les moyens de transmettre à ses enfants autre chose qu’un « minimum de survie » et qu’il faut conserver pour le collège l’exigence de la construction d’une vraie « culture commune ».

De fait, beaucoup ne semblent pas mesurer la gravité des attaques contre l’école alors même qu’elles s’inscrivent dans la volonté plus générale de démanteler l’Etat social. ( ce projet de loi s’inscrit dans une vision libérale de l’école, qui se retrouve dans les rapports de l’OCDE, de l’Union européenne…) Mais dire cela ce n’est pas pour autant vouloir conserver le collège tel qu’il fonctionne aujourd’hui.

Le discours libéral, la remise en cause du principe d’une scolarité pour tous jusqu’à 16 ans s’appuient sur les dysfonctionnements actuels du collège. La première et la principale limite tient à la persistance des inégalités scolaires. Si les enfants des classes populaires ont bénéficié de la massification de l’accès aux études secondaires dans les années 80, les inégalités de réussite entre élèves selon leur origine sociale n’ont pas vraiment diminué. Par ailleurs, on ne peut pas nier les difficultés voire les souffrances des enseignants dans certains collèges très défavorisés. C’est pourquoi nous pensons que tout projet affirmant l’ambition de scolariser tous les élèves jusqu’à 16 ans pour leur transmettre une culture commune doit aussi proposer des transformations du collège. Il s’agit aussi de construire un discours de gauche sur l’école qui dépasse et approfondisse la question des moyens.

Les auteur-e-s :

  • Karine Granier (coord.)
  • Yvan Barabinot,
  • Élisabeth Bautier,
  • Dominque Bazart,
  • Soumia Chami,
  • Bertrand Geay,
  • Samuel Johsua,
  • Catherine Laignel,
  • Bruno Mer,
  • Monique Parra-Ponce,
  • Daniel Rome,
  • Karola Valobra,
  • Isabelle Vauconsant.

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Table des matières :

1ere partie : Bilan du collège unique

Le principe du collège unique s’est inscrit dans le contexte social, économique et politique des années 60 et 70. La massification de la scolarité dans le secondaire a produit des effets culturels non négligeables mais elle n’a pas empêché la persistance d’inégalités scolaires surtout depuis le milieu des années 90.

2e partie : L’offensive libérale contre l’école

C’est un aspect du libéralisme qui nous semble peu ou mal connu. Le danger principal ne réside pas pour nous dans la privatisation au sens strict mais dans la volonté de transformer radicalement les missions de l’école. Celle-ci ne serait plus considérée comme une institution chargée de la formation du citoyen mais comme une organisation chargée de produire du « capital humain » afin de contribuer à la compétitivité des entreprises. Dans les quartiers périphériques, sa mission est aussi de contribuer à la « pacification sociale » en apprenant aux élèves à se « maîtriser », sachant que l’ « apprentissage de la politesse doit précéder l’initiation au politique ».(selon les mots du rapport Thélot).

3e partie : Quelles transformations pour le collège ?

  • Quelles transformations des contenus enseignés et des pratiques enseignantes ?
  • Quels moyens institutionnels au service de ces transformations ?
  • Quel rôle pour les parents d’élèves dans un collège vraiment démocratique ?

  • Parution : février 2005
  • Pages : 126 pages
  • Format : 105 x 165
  • ISBN : 2-84950-036-4
  • Prix : 7 euros
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