Sans copyright ni glamour (mars 2008)

Le risque de décevoir a parfois des vertus. Que nul n’attende de Copernic, des états d’âmes, l’humeur d’un soir, ou des récits privés. Pas d’agitations médiatiques non plus. Ni ces indignations vertueuses qui valent poses commodes. Ni ce chic d’audimat, qui signe « le bon client », mais confine au « chiqué ». D’ici, n’arrivera que des contre-expertises. Décourageantes de précision. Obstinées, assidues. Fades, s’il le faut. Juridiques jusqu’aux détails. Sociologiquement armées. Economiques et chiffrées. Avec, transversalement, l’écologie comme méthode, internalisée partout, plutôt que brandie en affichettes. Et l’égalité hommes-femmes, l’égalité homos-hétéros, les libertés publiques, l’égalité économique, comme fronts principaux, sans hiérarchie. Copernic ne servira personne, il faut que tous puissent s’y servir et s’en servir. Nos analyses sont collectives. Parfois dites à bas bruits. Nos interventions, souvent, furent anonymes. Elles le resteront. Trop longtemps, des représentants (auto-proclamés) ont parlé de tout, surtout parlé, surtout parlé d’eux-mêmes, sautant sans trop de continuité d’un dossier à l’autre, n’en possédant aucun. Nous désirons précisément l’inverse. Posséder les dossiers. Réussir à transformer, sans phrases, mais dans les faits. Diffuser des ressources critiques, sans copyrights. Le glamour peut-être y perdra. Pas l’efficacité. Le capitalisme sécuritaire devient sens commun. Et prolifèrent les sceptiques, les tièdes, les découragés. Nous préférons ennuyer à force de sérieux, qu’amuser à coups de slogans. Car la gauche de gauche fut longtemps sympathique. Quelquefois même joviale. Elle doit maintenant devenir crédible et tellement plus précise. Sans refuser de se salir les mains pour peu que s’ensuivent quelques changements concrets.