Crise et châtiments ? (décembre 2008)

Retour sur terre, pour ceux qui montaient aux nues le libéralisme économique. La liberté de passer contrats signifie licenciements et expulsions (impayés obligent). Les risques des entrepreneurs échappent à toute sanction. Les dirigeants des banques d’où viennent la crise restent en place, au chaud. Les bénéfices n’allaient jamais aux salaires. Les services publics étaient vendus à la découpe. Désormais, les Etats socialisent les pertes des banques, par milliards. En veux-tu ? Les voici. Sans contrôles supplémentaires. Les dividendes, cette année comme d’habitude, seront versés aux actionnaires. A bon niveau. Toujours plus. La crise actuelle a, précisément, cette cause. Des taux de rentabilité instantanés exigés par les groupes financiers, à un niveau atterrant. Les obtenir dans l’économie réelle était impossible. Les obtenir, mais en virtuel, rendait performants les financiers qui les garantissaient. D’où cette promotion folle de l’endettement des ménages, qui, appauvris, furent captifs des crédits. Pour faire, toujours plus vite, de l’argent sur les intérêts ramassés chaque mois. La suite est connue. Le rachat par des banques peu regardantes, et par paquets, de ces crédits irremboursables, des cabinets d’audit qui disent amen (pourvu qu’on les paye), et l’opacité du système financier qui brouille tout contrôle, la suppression des organismes publics de régulation…ont suffit à crever la bulle financière. Cette crise n’aura certainement pas, pour tous, les mêmes effets. Telle que régulée, elle vaut aubaine pour les banquiers. Aux autres, le châtiment…