Sarkozy, politique de classe, politique de casse ! (juin 2011)

Pas un gouvernement, depuis 1945, n’aura tant détruit. Détruit méticuleusement, rageusement, les conquêtes sociales et les droits arrachés par les luttes, longues, des générations passées. Inutile, ici, d’en dresser le compte. Nous gardons tous en mémoire cette politique de casse. Du « bouclier fiscal » qui, à foison, donna aux plus riches, quand le chômage augmente, quand baisse le pouvoir d’achat, et que les allocataires du RSA se voient, maintenant, culpabilisés de la violence économique qu’ils subissent. Ainsi asséchées, les caisses de l’Etat pouvaient être déclarées « en faillite » par François Fillon. Au final, rien n’a été épargné par cette machine à produire de l’insécurité économique et sociale que fut l’ère Sarkozy. Les services publics dramatiquement réduits (dans leurs personnels et dans leurs fonctions), les accidentés du travail taxés (nonobstant leur existence brisée au boulot), les banques « sauvées » sans contrepartie aucune, les privatisations qui s’accélèrent, les logiques du privé généralisées à l’hôpital public, aux universités, à l’Education nationale, à Pôle Emploi, à la Culture… Jusqu’au ministère de la Défense. Les tribunaux de proximité effacés de la carte, les syndicalistes envoyés au tribunal. Et puis cette xénophobie brandie, revendiquée, qui devient l’ordinaire, presque la légion d’honneur, des ministres de l’Intérieur, sans oublier la chasse aux Roms et la traque des Sans-papiers.

A qui sert cette politique ? Poser la question, c’est y répondre. Pour les plus riches, ce quinquennat fut « l’apothéose du coffre-fort ». Il devint, pour tous les autres, « sauve-qui-peut ». De ces « sauve-qui-peut » qui encouragent le repli sur soi, la peur du plus proche, les rivalités dans et pour l’emploi, la concurrence à tous les étages qui casse les solidarités. Brillant résultat du « Président des riches » : le Front National enfle des désespoirs ainsi produits.

Mais laissons le pessimisme pour des jours meilleurs. Les résistances ne sont pas mortes. En flux, nous étions, l’an passé, presque dix millions à manifester contre la fin de la retraite à 60 ans. Aujourd’hui, dans le privé, à bas bruit mais nombreuses, se multiplient les grèves sur les salaires et les conditions de travail. Ce que Sarkozy a cassé, nous pouvons, nous devons, nous serons obligé-e-s de le reconstruire.

C’est l’objet du premier Cahier Copernic, Dépendance-perte d’autonomie : affaire privée ou Sécurité sociale ? , qui vient à temps pour contrarier la réforme gouvernementale de la « dépendance ». Ils veulent, comme sur les retraites, en confier les bénéfices aux assurances privées et faire payer les familles. Nous répondons, encore, toujours, et pour nous battre : Sécurité sociale !

Josiane Boutet et Willy Pelletier