Smic (mars 2012)

Salaire minimum que l’équipe Sarkozy s’est refusée à augmenter au-delà du minimum légal, pour le plus grand bénéfice du patronat (0,20 euro de gain de pouvoir d’achat du Smic horaire en cinq ans, dont 0,01 euro en 2011 !)

Le Smic est le plus bas salaire dû par l’employeur pour un travail effectué. Ce n’est ni une allocation, ni une assistance, ni un revenu. C’est un salaire interprofessionnel et un salaire de croissance pour assurer aux travailleurs une participation au développement du pays. C’est une question de justice sociale, de reconnaissance du travail, et d’efficacité économique. C’est aussi un outil pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes : toute hausse du Smic fait baisser l’écart de salaires, puisque les femmes sont deux fois plus souvent au Smic que les hommes (c’est le cas de 20 % d’entre elles contre 11 % des hommes). Or, le cap décidé par l’équipe Sarkozy est le même que celui de Reagan et de Bush avant lui : à savoir, organiser la diminution du salaire minimum pour mieux le supprimer, et créer de cette manière une armée de réserve propre à tirer l’ensemble des salaires à la baisse.

C’est ainsi, d’abord, que le report de la fixation du taux du Smic, du 1er juillet au mois de janvier de chaque année, vise à tirer vers le bas les négociations de branche ou d’entre- prise, qui ont lieu en début d’année. Ensuite, cette fixation se fait sur les propositions d’une « commission d’experts », pré- tendue indépendante, selon le souhait de Laurence Parisot, patronne du syndicat patronal (Medef).

De surcroît, et jusqu’en 2013, le gouvernement a supprimé les sanctions éventuelles applicables aux entreprises bénéficiant d’exonérations de cotisations (à hauteur de 20 milliards d’euros), mais ne respectant pas le Smic. Enfin, les branches dont le salaire minimum conventionnel est inférieur au Smic ont obtenu l’autorisation de rester dans cette situation illégale pendant deux ans.

Bref, tout a été fait pour casser le Smic pendant ce quinquennat. Le prétexte ? Ne pas pénaliser l’emploi ou la hiérarchie des salaires, parce que le Smic serait trop contraignant, trop élevé, etc. C’est évidemment faux puisque que les cotisations sociales des employeurs ont baissé de 40 à 14 % depuis 1993. La moyenne de nos salaires, non seulement, n’est pas trop élevée, mais elle est dans la moyenne de ceux de l’UE. Dans un pays comme l’Espagne, où les salaires sont plus bas, il y a davantage de chômage que dans les pays scandinaves, où les salaires sont plus élevés. Ce sont les pays les plus pauvres qui ont les temps de travail les plus importants. Ce sont les travailleurs ayant les plus bas salaires et le moins de qualifications reconnues qui sont les plus exposés au chômage. Les salariés de la restauration, par exemple, qui ne sont soumis à aucune concurrence internationale, ont le plus triste sort.

Article extrait de la Note Copernic, Sarkozy : bilan de la casse, Syllepse, 2012.