« Dans la rue, le 5 mai ! »

DÉCLARATION DE LA FONDATION COPERNIC

Le choix fait par le président de la République de mener une politique économique et sociale se situant dans la droite ligne de celle de son prédécesseur a abouti à une crise sociale sans précédent, avec une augmentation continue du chômage, le développement de la précarité, en particulier chez les jeunes et les femmes, une baisse globale du pouvoir d’achat. La France s’enfonce petit à petit dans la récession et le gouvernement a prévu de s’attaquer maintenant à la protection sociale, et de procéder à des restrictions budgétaires massives en 2014, rajoutant ainsi de la récession à la récession.

Non seulement le gouvernement s’est avéré incapable de commencer à sortir le pays de la crise, mais la politique menée l’y enfonce chaque jour davantage. Profondément affaibli sur le plan économique et social, le gouvernement subit une tourmente politique avec ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Cahuzac. Sa légitimité politique est entamée quand le ministre chargé de mettre en œuvre la « rigueur » budgétaire est lui-même un fraudeur du fisc, ayant pu mentir effrontément pendant des semaines, alors que l’enquête journalistique avait établi les faits, tout en étant soutenu par le Premier ministre et les autres membres du gouvernement. Les réponses du président de la République, se réduisant à diverses mesures de transparence, ne sont pas à la hauteur des problèmes posés. Dans cette conjoncture, le combat contre le mariage pour tous tend à prendre une signification politique remettant en cause le bien-fondé même de la gauche à gouverner et accentue encore la porosité entre la droite et l’extrême droite. Une crise politique profonde, s’enracinant dans la crise économique et sociale, est aujourd’hui à l’œuvre.

Dans cette situation, rien ne serait plus dramatique que de laisser la scène politique se réduire à un face à face entre une droite radicalisée, qui remet en cause l’égalité des droits, et un gouvernement embourbé dans une crise sociale, économique et politique. Il est temps de prendre une autre voie, qui porte l’exigence d’une double rupture : une rupture démocratique qui permette aux citoyen-nes de se faire entendre, une rupture sur le plan économique et social pour que de nouvelles orientations soient mises en œuvre, rompant avec les politiques d’austérité, permettant de satisfaire les besoins sociaux et respectant les impératifs écologiques.

C’est le sens du soutien de la Fondation Copernic à la « marche citoyenne » du 5 mai