8 mars : Copernic appelle à se mobiliser pour les droits des femmes !

Face à une situation politique préoccupante, marquée par le virage à droite du gouvernement et par les mobilisations de l’extrême droite traditionaliste sur des mots d’ordre sexistes et homophobes, la manifestation unitaire du 8 mars 2014 doit faire entendre avec force la voix de toutes les femmes et les hommes, des associations et des organisations du mouvement social et politique qui se battent pour l’égalité, les droits et la justice sociale !

La remise en cause, au nom d’une vision réactionnaire de la famille et de la société, de l’égalité effective entre les hommes et les femmes ainsi que la volonté d’imposer un ordre moral oppressif et archaïque se déploient sans rencontrer encore de résistance à la hauteur. Le droit fondamental des femmes à l’avortement est gravement menacé en Espagne et désormais attaqué même en France par les intégristes d’extrême droite et certains conservateurs.

Nous ne pouvons laisser faire !

Face à cette radicalisation à droite, jamais vue à ce niveau depuis des années, face aux renoncements du gouvernement socialiste, il est urgent de faire entendre la détermination des femmes et de tous les progressistes à défendre et à réaffirmer les droits des femmes et des homosexuel-le-s et l’égalité entre les sexes !

Soyons nombreux-ses dans la rue le 8 mars !

Fondation Copernic


Manifestation unitaire pour les droits des femmes à Paris à l’appel du CNDF, 14h30, de Bastille à Richelieu-Drouot, et partout en régions.


APPEL
CE QUE NOUS VOULONS, C’EST L’ÉGALITÉ !

Non, pour les droits des femmes, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Comme d’habitude, en période de crise, ce sont nos droits qui sont les premiers remis en cause : attaques tous azimuts contre les ABCD de l’Égalité, campagnes de retrait de l’école d’une pseudo-théorie du genre qui ferait florès, recul sur la PMA, volonté de certains députés de dérembourser l’avortement, critiques contre la suppression de l’état de détresse pour l’IVG, etc.

Les forces réactionnaires prônent la « complémentarité des sexes », en vertu d’un supposé ordre naturel : maman met au monde les enfants, s’en occupe à la maison, assume l’ensemble des tâches ménagères, travaille éventuellement un peu à l’extérieur pour gagner un misérable salaire d’appoint ; papa est M. Gagnepain et garantit les revenus du foyer.

Ce qu’elles refusent dans le projet « ABCD de l’égalité », c’est la lutte contre les inégalités filles/garçons, et la volonté d’expliquer que ces inégalités ne sont pas données à la naissance, mais construites par la société. Une conception de la famille vieille de plus de 50 ans, avant le MLF contemporain !

Ces forces réactionnaires sont pour une société inégalitaire, immuable, où chacun reste à sa place. Et où les filles, les femmes, n’ont jamais que la portion congrue…

Elles sont rejointes idéologiquement par une extrême-droite nauséabonde, antisémite et raciste, qui relève la tête partout en Europe et se fait fort d’en finir avec les droits des femmes, des lesbiennes et des gays. La volonté de supprimer le droit à l’avortement en Espagne en est une illustration.

Le gouvernement capitulerait-il devant elles pour de sordides calculs électoraux ? Enterrement de la PMA, suppression du mot genre des circulaires, manuels et livres de l’Éducation Nationale, renvoi de la loi famille aux calendes grecques. Cependant que Jean Marc Ayrault prête une oreille attentive aux revendications des masculinistes sur la résidence alternée et voudrait donner satisfaction aux 10 hommes juchés sur des grues, face aux milliers de femmes divorcées et/ou victimes de violences conjugales.

Où sont les convictions de cette gauche-là ?

Le gouvernement s’allie au Medef avec son Pacte de responsabilité, cadeau fait au patronat. Sa politique économique et sociale contribue à éroder encore les droits des femmes. La réforme sur les retraites, en allongeant les cotisations à 43 ans, crée les conditions pour que le nombre de femmes partant avec des pensions incomplètes augmente dans des proportions considérables. La loi relative à la sécurisation de l’emploi de juin 2013, censée encadrer le temps partiel, va pouvoir être contournée par des accords de branche et 8 dérogations par an. La loi Égalité femmes/hommes, encore en discussion au Parlement et censée « solder » quasiment le dossier, ne prévoit, pour combattre la précarité, que le renforcement d’une loi qui existe déjà sur le recouvrement des pensions alimentaires non payées, et seulement « en expérimentation » dans quelques départements ! Rien n’est prévu pour revaloriser les bas salaires, ni pour étendre aux entreprises de moins de 50 salariéEs, où se concentre la précarité des femmes, les mesures existantes, appliquées de façon très contrastée.

Enfin, il n’est jamais question d’abroger la loi Hôpital Patients Santé Territoire, qui démantèle l’hôpital public et provoque déjà la fermeture de plus de 1 000 maternités et de plus de 160 centres IVG, mettant de fait en péril l’accès à l’avortement.

On ne fait pas barrage à l’extrême-droite en reculant face à elle, mais en instaurant la justice sociale et en marchant d’un pas ferme vers l’égalité et le progrès social.

Nous féministes, nous appelons à la mobilisation et à la résistance contre l’extrême-droite.

Nous féministes d’aujourd’hui, nous ne nous battons pas depuis plus de 40 ans pour retourner à nos casseroles et nos torchons. Le torchon pourrait brûler de nouveau !

CE QUE NOUS VOULONS :

Pour le droit a disposer de notre corps :

  • Des centres d’IVG dans tous les hôpitaux avec le choix de la méthode et un personnel dédié
  • L’abrogation de la loi HPST et de la tarification à l’activité
  • La PMA pour toutes les femmes, non à la GPA
  • Une loi-cadre contre les violences faites aux femmes comprenant une éducation non sexiste et non lesbo-homophobe à tous les stades de la scolarité

Pour notre autonomie financière et sociale :

  • La revalorisation des bas salaires, la revalorisation des métiers et l’augmentation des salaires dans tous les secteurs professionnels féminisés
  • L’abrogation de la loi de juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi
  • Un véritable service public de la petite enfance et des personnes dépendantes

Pour l’égalité des droits :

  • Le droit de vote pour les étrangères et étrangers
  • Un statut autonome pour les femmes étrangères
  • La régularisation de tous les sans-papiers
  • Le droit d’asile pour les femmes persécutées pour fait de sexisme et de lesbophobie

Premiers signataires :

Collectif National pour les Droits des Femmes, AC ! Agir Ensemble contre le Chômage, Al Massar France, APEL-Egalité, Association Nationale des Etudes Féministes, Atalante vidéos féministes, ATTAC, Les Chiennes de Garde, Collectif 20è/Tenon, Collectif 94 de lutte contre les violences faites aux femmes, Collectif féministe contre le Viol, Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures », Coordination des Associations pour le Droit à l’avortement et la Contraception, Coordination Lesbienne en France, Confédération du Planning Familial, CQFD-Fierté Lesbienne, Critique Sociale, Demain les Femmes, L’égalité c’est pas sorcier, Les efFRONTé-e-s, Émancipation Tendance Intersyndicale, FASE, FASTI, Fédération des associations kurdes de France (FEYKA), Fédération Nationale Initiatives des Femmes Africaines de France et d’Europe, Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), Féminisme-Enjeux- Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une Autre Europe (FAE), Femmes Égalité, Femmes migrantes debout, Femmes Solidaires, FIT, une femme, un toit, Fondation Copernic, Front de Gauche, Gauche Unitaire, Initiative Communiste Ouvrière (ICO), Maison des Femmes de Montreuil, Marea Granate París, Mouvement inter lycées indépendant (MILI), La Mutuelle des Étudiants, Osez le Féminisme, Parti Communiste Français/ Front de Gauche, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti de Gauche/ Front de Gauche, Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Gauche Unitaire, SNPES-PJJ/FSU, SNUEP/FSU Créteil et Paris, SOS Femmes Alternative, SOS Sexisme, Stop Précarité, UNEF, Union des Femmes Socialistes – Association des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT)…