« Face au chaos du monde, quelles issues ? » (janvier 2016)

Les Fondation Copernic, Fondation Gabriel Péri et l’Institut Tribune Socialiste organisent désormais des rencontres publiques chaque mois.

La 1ère a lieu le mercredi 27 janvier, à la Maison des Sciences de l’Homme à Saint-Denis.

(en PDF)

Le monde offre aujourd’hui le spectacle d’un magma chaotique. La « fin de l’histoire » théorisée par les idéologues néolibéraux qui, après la disparition du soviétisme, voyait un monde pacifié par le marché et la démocratie s’est révélée en fait être le début d’une ère marquée par des conflits de plus en plus importants, de plus en multiformes, de plus éclatés.

D’un côté, interventions occidentales, attentats terroristes et développement de l’intégrisme religieux, décomposition d’États, migrations massives, reculs sociaux considérables dans les pays les plus riches, montée de la xénophobie, risques sur les libertés. Mais de l’autre, processus démocratiques avec, par exemple les révolutions arabes ou l’espoir suite à la victoire électorale de Syrza – même si tout cela a subi coup d’arrêt – mobilisations citoyennes dans nombre de pays, espoir politique en Espagne ou au Portugal, résistance des kurdes contre Daesh. Rien n’est donc joué.

Dans une situation où les repères traditionnels semblent avoir perdu toute pertinence, comment se situer, comment agir et dans quelle perspective ?

Prochains séminaires :

  • Faut-il démarchandiser ou démondialiser ? Caractéristiques du capitalisme contemporain. (Mercredi 17 février)
  • Crises et espérances de la démocratie (Mercredi 16 mars)
  • L’Europe : obstacle ou opportunité ? (Mercredi 13 avril)
  • Penser autrement la question du développement (Mercredi 18 mai)
  • Salariat – Travail – Technologies (Mercredi 15 juin)

Discuter ensemble d’une politique de gauche, la raison d’être de ces séminaires

Nos sociétés occidentales sont en crise, elles se méfient de leur histoire, vivent un présent éclaté, développent un modèle de concurrence acharnée entre les individus qui exacerbe le repli sur soi et le rejet de l’autre. Elles n’arrivent pas à imaginer des avenirs possibles exempts d’affrontements économiques, d’oppositions entre les peuples et de violence.
Evoquer les crises économiques, écologiques, énergétiques et sociales ainsi que l’absence de réponses politiques est devenu un lieu commun au point d’être devenu presque un simple élément du paysage intellectuel. La pensée libérale, fondée sur l’idée que le marché pur et parfait serait susceptible de régler tous les problèmes de la société, reste dominante.

Nous pensons néanmoins que les idées critiques opposées à cette vision sociale ne manquent pas. Nous pensons, pour notre part, que le libéralisme ne peut pas être à la base de la construction d’une vie sociale fondée sur le droit, la justice, l’égalité, la liberté, la fraternité. C’est le sens du travail, des recherches, des engagements que partagent nos trois fondations. C’est dans cette perspective que nous souhaitons engager une démarche commune avec d’autres : mouvements, syndicats, organisations politiques, historiens, chercheurs, analystes…

Nous avons en effet le sentiment que les idées et les réflexions que nous devrions partager restent en pratique enfermées dans leur cercle d’origine, qu’il existe une difficulté à ce qu’elles se confrontent et s’alimentent, de ce fait, les unes des autres, qu’elles ont une réelle difficulté à peser sur la réalité quotidienne vécue par la population. Cette situation conduit, au mieux, à des mobilisations qui, en dépit de leur dynamisme, demeurent souvent sectorisées et partielles, sans apparaître reliées entre elles et à un projet d’une autre vision du « vivre ensemble » que celui porté par le libéralisme.

D’une certaine façon « la gauche de gauche » semble, sinon s’être résignée, du moins en grande difficulté pour faire apparaitre les éléments d’alternative que mettent en avant les forces sociales qui résistent, notamment dans les nouveaux contenus répondant de manière plus adéquate à la situation présente, pour faire apparaître une issue politique.

Nous nous proposons donc d’organiser une série de rencontres publiques pour réfléchir ensemble, au-delà des échéances politiques, sur la possibilité d’une réelle alternative, donc une politique de « gauche ». Au moment où, par conviction ou par calcul les discours politiques se droitisent chaque jour davantage, il s’agit là d’une nécessité pressante.

Il s’agira de s’appuyer sur des pratiques différentes, avec des intervenants disposant de points de vue divers tant par le contenu de leur propos que par l’expérience qui alimente leur réflexion. Il ne peut s‘agir de vouloir trancher les divergences mais de mieux en cerner la nature et éventuellement leurs origines pour favoriser les convergences.
Les participant-e-s au débat seront choisi-e-s en fonction de leur implication pratique et théorique sur les questions abordées et soumises à la réflexion commune. La participation de responsables politiques compte tenu des décisions qu’ils sont menés à prendre et des responsabilités que cela leur donne apparaît de ce fait également indispensable.

L’accueil de ces rencontres par la « Maison des Sciences de l’Homme » de Saint-Denis est le témoignage et le garant de cet esprit de recherche constructive auquel nous souhaitons contribuer.

Nous souhaitons que, dans la mesure de leurs possibilités, les divers acteurs de Saint Denis et des environs puissent s’associer pleinement à notre démarche. Il nous semble en effet important que la recherche que nous entreprenons soit ouverte au-delà des « acteurs » habituellement concernés par les débats et les enjeux politiques, à tous les problèmes et toutes les préoccupations qui traversent notre société.

Si, au regard de nos préoccupations communes, nous avons jugé utile de nous réunir pour proposer un cadre de débats, nous souhaitons qu’il puisse permettre une participation sur une base plus large que les initiateurs, y compris ceux qui ne partagent pas tout notre positionnement mais qui pensent qu’il est utile d’en débattre.

Fondation Copernic – Fondation Gabriel Péri – Institut Tribune Socialiste
12 janvier 2016