Note ATTAC-Copernic / Chassez l’austérité, elle revient au galop

Près d’un an et demi après l’irruption de la pandémie de Covid-19, la situation économique et sociale est aussi précaire que la situation sanitaire. C’est vrai en France et encore davantage dans le monde. Mais le gouvernement français s’apprête à reprendre le cours de sa politique néolibérale comme si de rien n’était, comme si la nécessité de ne pas reproduire « le monde d’avant » n’avait été qu’une promesse pour gogos. Obligé, comme tous les gouvernements des pays membres de l’Union européenne, comme celle-ci et comme la plupart des gouvernements dans le monde, d’augmenter temporairement les dépenses publiques pour faire face à la crise, il pose un à un les jalons afin de restaurer les dogmes de l’austérité, mis de côté pendant l’année 2020.

Le gouvernement a donc benoîtement, puis ouvertement, installé dans le débat public la question faussement innocente : que faire de la « dette Covid » ? Dès le mois de décembre 2020, il demandait à une « Commission sur l’avenir des finances publiques » présidée par Jean Arthuis de lui faire des propositions. Celles-ci lui ont été remises en mars 2021. L’idée principale est de discipliner la progression des dépenses publiques, et même d’amorcer leur décrue relative. Ce premier jalon étant posé, le gouvernement, par la voix de son ministre de l’Economie et des Finances, a enfoncé le clou en dressant un plan pour limiter la croissance en volume des dépenses publiques à 0,7 % par an pendant 5 ans, c’est-à-dire deux fois moins que la croissance économique moyenne attendue . Bien entendu, cette diminution relative serait obtenue par la poursuite des réformes dites structurelles, c’est-à-dire qui touchent notamment aux retraites, à la protection sociale en général et au marché de l’emploi.

Pour décrypter les propositions Arthuis, cliquer ici : Note ATTAC Copernic-Rapport Arthuis