21 mars 2012

Réalité subie par un nombre croissant de salariés du privé et de fonctionnaires, isolés par la précarité et le new management.
En 2007, un rapport sur les risques psychosociaux au travail est commandé par le ministère. En 2008, les syndicats signent l’ANI, l’accord national interprofessionnel sur le stress au travail. En 2010, intervient un accord sur le harcèlement et la violence au travail, qui transpose enfin en droit français les accords européens de 2004 et de 2007.
Or, que s’est-il passé depuis ? La dégradation des conditions de travail et les contraintes organisationnelles augmentant, on assiste à une intensification du mal-être au travail pointée par tous les indicateurs. Médecins et inspecteurs du travail dénoncent de leur côté la montée des risques psychosociaux, que leur nombre insuffisant et les réformes qui touchent leur profession ne leur permettent pas d’endiguer. Un Conseil d’orientation sur les conditions de travail est créé en novembre 2008, installé en avril 2009.
En fait, il faudra le scandale des suicides à France Télécom, dont l’État est le principal actionnaire, pour que le l’équipe Sarkozy soit poussée à intervenir en septembre 2009. Au 23e décès, le ministre du Travail, Xavier Darcos, demande à Didier Lombard, président de l’entreprise, d’« accélérer les négociations sur la prévention des RPS » ; au 24e décès, Didier Lombard annonce l’arrêt des mobilités forcées pour les cadres. En octobre 2009, est annoncé un plan d’action d’urgence pour lutter contre le stress au travail. Et pendant que s’accumulent les rapports, les plans et mesures d’urgence, les propositions d’action, les groupes de travail…, le nombre de suicides et de salariés concernés par les risques psychosociaux ne cesse de s’accroître. Selon une enquête commandée par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail en 2009, 41 % des salariés se déclarent stressés pour des motifs professionnels.
Quant à la situation des agents publics, bien que peu médiatisée, elle s’aggrave dans de nombreux secteurs, autant parmi les agents de l’État que ceux des hôpitaux ou des collectivités territoriales. Sait-on, par exemple, qu’il y a plus de suicides au ministère de l’Equipement qu’à France Télécom ? Ou que dans l’enseignement secondaire, un enseignant sur cinq est victime de burn-out ?
Article extrait de la Note Copernic, Sarkozy : bilan de la casse, Syllepse, 2012.
Voir aussi Copernic, Travailler tue en toute impunité, Syllepse, 2009
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